Au cœur de la relève : rencontre avec Sumera, Émilie et Antoine, finissant(e)s en denturologie

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À l’approche de leur entrée sur le marché du travail, nous avons rencontré trois finissant(e)s du programme Techniques de denturologie du Cégep Édouard-Montpetit : Émilie, Antoine et Sumera. Ils reviennent sur leur parcours, leurs apprentissages et leur vision de la profession.


 

 
Vignette : de gauche à droite : Sumera Mahmood, Émilie Béland et Antoine Bissonnette I Crédit photo : Mélissa Bourragne

 

Pierre Couture (ADQ) : Qu’est-ce qui vous a amenés à choisir la denturologie?

Émilie : Pour ma part, j’ai toujours été attirée par le domaine dentaire, même si je n’avais aucun proche qui y travaillait. J’aimais beaucoup le travail manuel, la minutie, l’aspect artistique du métier, ainsi que le côté entrepreneurial. La denturologie regroupait tous ces éléments.

Antoine : C’est assez similaire pour moi, mais dans un contexte différent. Mon père est denturologiste et nous avons un laboratoire à la maison. J’ai donc grandi dans cet environnement. Très tôt, j’ai développé un intérêt pour le travail manuel et la possibilité de gérer éventuellement ma propre entreprise a aussi influencé mon choix.

Sumera : De mon côté, c’est différent. À l’origine, je voulais étudier en hygiène dentaire. Comme le Cégep Édouard-Montpetit offre une possibilité de passerelle après une première session, j’ai choisi la denturologie sans trop connaître le programme. J’ai fait des recherches, puis des stages d’observation, et j’ai finalement décidé de poursuivre dans cette voie.
 

Pierre Couture : Quel a été le plus grand défi de votre parcours?

Émilie : Pour moi, le plus grand défi n’était pas le programme en soi, mais tout ce qui l’accompagne. Comme c’est le seul programme de denturologie au Québec, j’ai dû déménager. S’adapter à la vie seule, à un nouvel environnement et aux études en même temps a été un vrai défi.

Antoine : Le programme est exigeant, surtout au niveau théorique dès la première session. Il y a beaucoup de matière à assimiler, notamment en sciences de base. Mais la structure est bien faite et on progresse graduellement vers quelque chose de plus concret.

Sumera : Les premières sessions sont très théoriques. C’est vraiment à partir de la deuxième année que la pratique prend plus de place, autant en clinique qu’en laboratoire. La charge de travail reste importante, mais c’est là qu’on commence vraiment à comprendre la profession.
 

Pierre Couture : La charge de travail et les cours de formation générale, comment avez-vous vécu ça?

Antoine : Les cours comme la littérature et la philosophie demandent aussi beaucoup de travail.

Émilie : Oui, et pour ceux qui arrivent directement du secondaire, c’est encore plus exigeant, parce qu’ils combinent les cours de base et la technique.

Sumera : Dans notre cohorte, plusieurs avaient déjà fait un parcours en sciences de la nature, donc certains n’avaient pas tous les cours de base. Mais même sans ça, la charge reste importante et demande une bonne organisation.
 

Pierre Couture : L’ambiance entre étudiants, comment la décririez-vous?

Émilie : Il y a vraiment un bel esprit d’entraide. Même si on n’a pas tous le même âge ni le même parcours, on s’est rapidement rapprochés. Tout le monde vient d’un peu partout et ça crée une belle dynamique.

Antoine : Oui, et certains avaient déjà de l’expérience en laboratoire, ce qui aide beaucoup. On s’est vraiment entraidés tout au long du programme.
 

Pierre Couture : Y a-t-il eu des surprises dans le programme?

Sumera : Oui, par exemple les protecteurs buccaux. Je ne savais pas que les denturologistes pouvaient en fabriquer, notamment pour les sportifs ou l’e-sport. J’ai trouvé ça intéressant parce que c’est différent des prothèses.

Antoine : Moi, c’est surtout toute la dimension clinique qui m’a surpris : les nombreuses étapes, les rendez-vous successifs, les ajustements… On ne réalise pas tout ça avant de le vivre.
 

Pierre Couture : Avez-vous été formés à la communication avec les patients?

Antoine : Oui, on a un cours de psychologie et de communication avec le patient.

Sumera : Et aussi des notions en gestion. Le cours nous apprend notamment à mieux gérer les patients plus difficiles.

Émilie : En clinique, ça fait une vraie différence. Parfois, on doit gérer des situations seuls, et ces outils nous aident énormément. On apprend à poser les bonnes questions et à mieux comprendre les besoins du patient.
 

Pierre Couture : Pensez-vous que certains aspects du programme pourraient  être améliorés?

Antoine : La partie numérique est encore peu développée, même si on commence à voir des outils comme les scans intraoraux.

Émilie : Le programme donne surtout les bases en trois ans. Ensuite, on continue d’apprendre une fois en pratique.

Sumera : Chaque étudiant vit aussi des cas différents en clinique, donc l’expérience varie beaucoup. Ça fait partie de l’apprentissage.
 

Pierre Couture : Comment imaginez-vous votre entrée dans la profession?

Émilie : Je pense que ce sera beaucoup d’autonomie. On va enfin mettre en pratique tout ce qu’on a appris.

Antoine : Oui, et continuer à apprendre sur le terrain, en développant nos propres façons de faire.

Sumera : C’est motivant, mais un peu intimidant aussi. On quitte le milieu scolaire pour la vraie pratique, même si la clinique nous a bien préparés.
 

Pierre Couture : Et dans cinq ans, où vous voyez-vous?

Émilie : J’aimerais être impliquée dans une clinique, possiblement comme associée. L’entrepreneuriat m’intéresse beaucoup.

Antoine : Plusieurs dans notre cohorte veulent éventuellement ouvrir leur propre clinique.

Sumera : De mon côté, j’aimerais suivre une formation en implantologie. C’est un domaine qui m’intéresse beaucoup.
 

Pierre Couture : Un mot sur vos enseignants?

Émilie : Ils sont passionnés et partagent beaucoup leur expérience clinique. Ça rend l’apprentissage très concret.

Sumera : En fin de parcours, les groupes sont plus petits, donc l’encadrement est plus personnalisé.

Antoine : Ce sont des enseignants très expérimentés, et plusieurs pratiquent encore en clinique, c’est d’autant plus intéressant. 
 

Pierre Couture : À quel moment avez-vous découvert l’Association des denturologistes du Québec (ADQ) et quel rôle lui attribuez-vous?

Émilie : Je dirais que c’est surtout en deuxième année que j’ai commencé à mieux comprendre le rôle de l’Association. Au début du programme, c’était plus abstrait, mais avec le temps, on réalise que c’est un soutien important pour la profession et pour les membres.

Antoine : Oui, pour moi aussi, c’est arrivé progressivement. Dès la première session, on en a entendu parler, notamment dans les cours de formation générale et en législation, mais c’est surtout en deuxième année que ça devient concret.

Sumera : Dans les cours de séminaire, on a vraiment pris le temps de comprendre la mission de l’Association, ses services et, entre autres, l’assurance collective. Ça m’a permis de mieux saisir son rôle dans la profession.
 

Pierre Couture : Un dernier mot pour les futurs étudiants?

Émilie : Il faut se faire confiance. On finit tous par arriver au même niveau.

Antoine : Se trouver un mentor et aller chercher de l’expérience sur le terrain, c’est très important.

Sumera : Il faut être organisé et ne pas hésiter à demander de l’aide aux enseignants. Allez frapper aux portes !
 

Pierre Couture : Le mot de la fin?

Sumera : La denturologie est un métier encore peu connu, mais très valorisant.

Émilie : On a hâte de passer à la pratique à temps plein.

Antoine : C’est une grande étape, mais très motivante.
 

Pierre Couture : Merci à vous trois. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans vos carrières et espérons vous revoir lors des activités de l’Association des denturologistes du Québec. Vous contribuerez assurément au rayonnement de la profession.
 

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