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Éditorial : Encore et toujours la RAMQ

J’ai l’impression que les gestionnaires de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) ne savent pas que la denturologie existe. Les tarifs en prothèse dentaire n’ont pas bougé depuis 2015. Ils n’ont même pas au minimum suivi la hausse du coût de la vie.

Par contre, les frais d’administration de la RAMQ ont récemment été revu à la hausse, une augmentation de 2,64 %. Il n’y a presque plus de denturologistes affiliés à la RAMQ en Gaspésie à cause de ces tarifs ridicules. Les denturologistes des régions éloignées des grands centres comme la Gaspésie en ont déjà plein les bras avec une clientèle vieillissante et aucune relève. Alors pourquoi continueraient-ils d’accepter ces cas alors qu’ils se font à perte? Et ce ne sont pas les dentistes qui vont donner ces services non plus. Nous, les denturologistes, ne sommes pas assis à la table des négociations des tarifs de la RAMQ, car nous ne sommes que des « dispensateurs de services » selon le gouvernement. Par contre, quand le ministère de la Santé et des Services sociaux a besoin de nous pour injecter des vaccins, nous devenons comme par magie des professionnels de la santé.

Tous ces irritants font partie de l’éternel discours que je tiens régulièrement avec les gens de la RAMQ. Le plus récent date de la mi-février, alors que j’insistais pour une énième fois pour que la situation change concernant les tarifs dérisoires accordés aux denturologistes. Si un bénéficiaire de la RAMQ se présente chez vous après quelques années de la mise en bouche initiale et qu’il n’a pas encore épuisé ses trois visites de contrôle, vous devez faire ces ajustements bénévolement, car ces séances n’ont pas de date de péremption. De plus, il n’existe aucun code d’acte pour les ajustements. Il s’avère donc impossible de charger des ajustements aux patients de la RAMQ même au-delà des trois visites de contrôle.

Sachez que l’Association des denturologistes du Québec ne ménage aucun effort pour faire comprendre aux représentants de la RAMQ que leurs tarifs n’ont pas d’allure. Il s’agit pour moi d’un dossier prioritaire que je revendique depuis mon élection comme président en 2010. Je n’entends pas lâcher le morceau, soyez-en assuré.

Quelques jours après ma très décevante rencontre avec la RAMQ, j’ai eu la chance de visiter le Centre Sheraton de Montréal en compagnie des membres du comité organisateur du Congrès de la denturologie, qui s’y tiendra du 21 au 24 septembre 2022. Quel plaisir nous avons eu! Je me réjouis du sincère esprit de collaboration qui règne entre l’Ordre et l’Association, et cela se traduira certainement par un Congrès grandiose! Nous travaillons d’ailleurs à vous concocter une programmation alléchante, qui sera dévoilée dans la prochaine édition de ce magazine.

En attendant, vous n’êtes pas en reste avec cette mouture du Denturo qui contient d’intéressants articles sur des sujets aussi variés que la pratique en CHSLD, la gestion des attentes des patients, la qualité des prothèses numériques, les droits d’accès au dossier du patient, etc. Je vous souhaite un bon printemps, et une bonne lecture!

— Benoit Talbot, d.d., Président

 

 

Le Denturo printemps 2022Cet éditorial parait dans Le Denturo, édition du printemps 2022, distribué exclusivement aux membres de l’Association des denturologistes du Québec. 
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